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Expertise de signature : quand la pièce produite aggrave le dossier

Une ordonnance médicale produite pour justifier un contrôle antidopage positif s’est révélée entièrement fabriquée, signature comprise. Cette affaire rappelle qu’une pièce destinée à disculper peut finalement aggraver un dossier. Découvrez comment l’expertise documentaire et l’analyse de signature permettent de détecter les incohérences et d’établir l’authenticité d’un document.

Une pièce produite pour se disculper peut devenir l’élément qui aggrave une situation. Le 22 octobre 2026, l’Athletics Integrity Unit a rendu publique une décision qui l’illustre : une ordonnance médicale, présentée pour justifier un contrôle antidopage positif, s’est révélée fabriquée, signature comprise. Pour un avocat confronté à une pièce contestée, ce cas montre ce qu’un examen méthodique du document et de sa signature permet d’établir, et pourquoi il vaut mieux le conduire avant que la pièce ne pèse dans la procédure.

Un document qui ne résiste pas à la vérification

Selon la décision de l’Athletics Integrity Unit (AIU), relayée par l’Associated Press, une marathonienne de niveau international a produit une ordonnance médicale pour expliquer la présence d’un corticoïde interdit dans un échantillon prélevé en compétition. Les vérifications de l’instance ont établi deux éléments distincts :

  • la clinique mentionnée sur l’ordonnance n’existait pas
  • la signature était celle d’un membre de la famille de l’athlète, sans qualification médicale.

L’instance a prononcé deux ans de suspension pour la substance détectée, et quatre années supplémentaires pour avoir faussé la procédure antidopage. La production du document a donc pesé deux fois plus lourd que le fait initial. Ce schéma se retrouve dans les dossiers civils et pénaux : une pièce produite pour se défendre, dont l’authenticité ne résiste pas à un examen attentif.

Ce qu’un examen de document et de signature combine

Dans ce cas, des vérifications d’enquête ont suffi : l’existence de la clinique, l’identité du signataire. Dans une procédure, une pièce contestée ne s’accompagne pas toujours de telles vérifications. L’expertise apporte alors des constats matériels, obtenus par des examens non destructifs :

  • le tracé de la signature : pression, vitesse d’exécution, reprises et hésitations incompatibles avec un geste spontané
  • la cohérence du document : en-tête, cachet ou mention renvoyant à une entité vérifiable ou non
  • la cohérence temporelle : la date annoncée confrontée à ce que révèlent le papier et l’impression

Ces niveaux d’examen se renforcent : une incohérence documentaire oriente l’examen de la signature, et inversement. Aucun indice isolé ne suffit à conclure ; c’est leur convergence, consignée étape par étape, qui fonde la conclusion. C’est cette combinaison que suit la méthode d’expertise du laboratoire : un protocole documenté, de la réception de la pièce au rapport.

Les signaux qu’un avocat peut repérer avant l’expertise

Sans se substituer à l’expert, un premier regard permet souvent d’identifier une pièce qui mérite un examen :

  • une institution, une clinique ou une entreprise mentionnée sur le document, mais introuvable
  • une signature qui tranche avec d’autres exemplaires connus de la même personne
  • une date incompatible avec le contexte du dossier
  • une pièce produite tardivement, sans explication sur son origine

Aucun de ces signaux ne vaut preuve à lui seul. Ils justifient en revanche de ne pas trancher sans examen, que la pièce serve votre cause ou qu’elle soit produite par la partie adverse. La page dédiée aux avocats présente les cadres d’intervention : expertise privée, contre-expertise et critique d’un rapport adverse.

Préparer la pièce avant l’examen

La qualité d’une expertise de signature dépend en partie de l’état de la pièce et des éléments de comparaison disponibles. Quelques précautions, prises dès que le doute apparaît, préservent les constats possibles :

  • conserver l’original, sans l’agrafer, le plier à nouveau, l’annoter ni le surligner ;
  • réunir des signatures de comparaison de la même personne, non contestées et proches de la date du document ;
  • consigner l’origine de la pièce : qui l’a produite, quand et sous quelle forme.

Une copie ou un scan permet un premier examen des incohérences visibles, mais certains indices, comme la pression du tracé, ne sont observables que sur l’original. Un échange en amont permet de déterminer quels éléments réunir avant de transmettre la pièce.

Ce que cela change pour votre dossier

Une pièce contestée n’est pas une pièce perdue, mais elle ne se défend pas sur la seule parole d’une partie. En Suisse, 4 161 faux dans les titres ont été enregistrés en 2025, dont 1 081 non élucidés (Office fédéral de la statistique).

MonQey forensic établit, par l’examen scientifique, l’authenticité d’un document ou d’une signature, dans les cadres pénal et privé, en Suisse comme à l’international. Le laboratoire est indépendant des parties, documente chaque étape de l’examen et conduit des analyses non destructives : la pièce originale est restituée intacte.

Julien Neirynck, Senior FDE Specialist, MonQey forensic
Julien Neirynck Senior FDE Specialist
Ambre Tiberghien, Managing Director, MonQey forensic
Ambre Tiberghien Managing Director

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